Les décodeurs

Comment des « prêts toxiques » chinois ont alimenté une spirale de surendettement en Zambie

Lundi 26 octobre 2026

Des documents bancaires confidentiels révèlent que des prêts de la Banque industrielle et commerciale de Chine ont contribué à étouffer financièrement le pays africain.

Par Guillaume Daudin, Pierre Lepidi et Micah Reddy (ICIJ) Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 08h28

Temps de Lecture 4 min.

Premier partenaire commercial de l’Afrique, la Chine est aussi le premier créancier de la Zambie, un pays enclavé du sud du continent grand comme une fois et demie la France. De Livingstone à Mpulungu en passant par la capitale, Lusaka, les investissements chinois y sont nombreux et parfois pharaoniques. Le 25 novembre 2025, Pékin a posé la première pierre d’un projet de modernisation d’une voie ferrée à travers l’Afrique australe, qui doit permettre à la Zambie d’exporter son précieux cuivre vers l’Asie via les ports de l’océan Indien.

Un pan méconnu des relations sino-zambiennes est dévoilé par « China Capital », une enquête collaborative menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), à laquelle Le Monde a participé. Des documents internes montrent comment la Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC), un établissement étroitement lié au régime chinois, a entraîné la Zambie dans une spirale de surendettement, au moyen de prêts favorisant les intérêts de Pékin.

Au début des années 2010, la croissance de la Zambie est vigoureuse, portée par le boom du prix des matières premières et la demande chinoise en métaux. Le pays cherche alors des investisseurs pour bâtir lignes électriques, autoroutes, stades et aéroports. En 2011, la compagnie d’électricité publique zambienne (Zesco) signe un prêt à long terme de 285 millions de dollars (253 millions d’euros) avec la banque ICBC, visant notamment à alimenter en courant électrique Lire la suite.

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