Par Denis Cosnard Publié hier à 19h00
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Livre. La scène se déroule le 18 mars 2025, au Sénat. Dans une salle du deuxième étage, le communiste Fabien Gay cuisine Florent Menegaux, le président de Michelin. Quelques années plus tôt, le fabricant de pneus a reçu 4,3 millions d’euros d’aides publiques pour rénover son usine de La Roche-sur-Yon, en Vendée. Mais, l’argent une fois touché, Michelin a fermé l’usine et transféré à l’étranger six des huit machines achetées avec l’argent de l’Etat. Pressé de questions, M. Menegaux finit par lâcher : « Ce ne serait pas anormal qu’on rembourse » ces aides. Le chèque arrivera huit mois plus tard. Aucun patron n’avait encore agi de la sorte.
Aujourd’hui, Fabien Gay bombe le torse : « Nous sommes la commission d’enquête la plus rentable de la Ve République, car nous n’avons effectué ni dépense ni déplacement, et nous avons réussi à faire gagner à l’Etat 4,3 millions d’euros. » Surtout, ce précédent pourrait inciter l’Etat à imposer désormais le remboursement des fonds publics dans ce genre de cas. « Une exigence minimale », juge le sénateur de Seine-Saint-Denis.
Un fils d’ouvrier qui fait plier des PDG ! C’est l’histoire de cette commission atypique et marquante que raconte Fabien Gay dans un livre plutôt prenant (211 milliards. Révélations sur les aides publiques aux entreprises, Ed. de l’Atelier, 296 pages, 20 euros). Demander des comptes aux entreprises qui reçoivent des aides publiques, il en avait eu l’idée en écoutant… Michel Barnier. A l’annonce de la fermeture de plusieurs sites d’Auchan et de Michelin, en novembre 2024, le premier ministre avait affirmé vouloir « savoir » quel usage avait été fait par ces groupes de l’argent qui leur avait été donné. Chiche !, se dit l’élu communiste, directeur du quotidien L’Humanité. Lire la suite.