par Jean-Christophe Féraud publié le 30 août 2025 à 17h15
« Plutôt Hitler que le Front populaire » : alors que l’extrême droite n’a jamais été aussi proche du pouvoir en France, le mot d’ordre du Comité des forges, puissant syndicat patronal du début du XXe siècle, serait-il de retour dans les cercles discrets du grand patronat ? C’est l’intime conviction du journaliste Laurent Mauduit, cofondateur de Mediapart et bon connaisseur du monde des affaires, pour qui les patrons français d’aujourd’hui sont aussi affolés qu’en 1936 à l’idée de voir la gauche accéder à nouveau aux responsabilités. « L’histoire bégaie et le réflexe de classes est le même », assène Mauduit dans Collaborations, un livre-enquête à paraître le 11 septembre : un terme renvoyant aux heures sombres de Vichy « employé dans cet ouvrage à dessein », précise-t-il.
L’auteur fait remonter les prémices du flirt patronal avec Marine Le Pen ou Eric Zemmour à l’hiver 2023, lorsque l’ex-PDG d’EDF Henri Proglio s’affiche à la table de la cheffe du Rassemblement national, qui l’a invité dans un grand restaurant parisien, Chez Laurent. « Ce qu’aucun autre grand patron français n’avait osé faire. » Jusqu’alors, seuls le milliardaire Vincent Bolloré et son comparse Pierre-Edouard Stérin assumaient au grand jour leur agenda politique d’extrême droite. Mais Proglio n’est qu’une prise parmi d’autres pour l’héritière de la boutique Le Pen : « Tous les PDG les plus connus, ont eu comme moi des contacts avec Marine Le Pen, mais sans le dire. Lire la suite.