Plongée sans jugement ni complaisance chez les ultrariches

Mardi 30 juin 2026

« Le Monde » publie « Au cœur des grandes fortunes françaises », un hors-série qui met au jour l’univers opaque des très riches.

Par Raphaëlle Bacqué et Gaïdz Minassian Publié hier à 19h00, modifié à 06h58

Temps de Lecture 2 min.

Hors-série. Cigares, transats et liasses de billets, l’imaginaire à leur endroit n’a guère changé. Vous-mêmes, lectrice et lecteur, en entendant ce mot « riches », n’avez-vous pas aussitôt vu une armada de yachts et d’avions privés, une vaste demeure au soleil, tournée vers la mer bleue ? Une vie rêvée de loisirs sans foule ni souci…

Et pourtant, les ultrariches n’ont plus la même physionomie qu’auparavant. Bien plus nombreux qu’autrefois, ils sont aussi plus visibles et plus désinhibés. L’origine de leur fortune a aussi changé. Presque partout, d’Amérique à l’Asie en passant par l’Europe, ils ont tiré profit de la financiarisation de l’économie et du décentrement du politique, donc de l’Etat, ce qui profite aux forces du marché. Ce sont pour beaucoup des industriels, souvent les heureux possesseurs de matières premières, et, parfois, des accapareurs de ces richesses, à l’instar de ceux qui ont bâti leur fortune sur les vestiges de l’URSS. Et, désormais, ils sont aussi des inventeurs ou des investisseurs de la tech.

Dans tous les pays, ceux qui ne sont pas des ultrariches sont partagés à leur égard entre la haine et la fascination. Lorsque, comme aux Etats-Unis, les seigneurs de la tech s’enrichissent grâce à des intelligences artificielles qui discutent des qualités et des défauts de la démocratie, soudain chacun s’alarme. En vérité, pourtant, ce monde reste opaque. La définition des grandes fortunes reste floue. Ultrariches, nouveaux riches, héritiers… Un peu partout, la définition statistique de la richesse démarre souvent bien en deçà de ces fortunes, et ce décalage en dit aussi beaucoup sur les cultures de chaque pays. Passe-droits

C’est cette curiosité, sans jugement ni complaisance, qui nous a guidés pour cette plongée dans un monde à part, en combinant profondeur de champ historique et largeur de focale géographique. Il existe des pays où des centaines de millions de femmes et d’hommes sont plongés dans la pauvreté, mais on trouve des riches partout. Est-ce le signe que le pouvoir ne relève plus du monopole des Etats, un monopole dont s’accommodait le tandem politique-finance ? Si des multinationales sont plus riches que des Etats, il arrive aussi que des grandes fortunes soient plus puissantes que les dirigeants de bien des pays. Lire la suite.

Revenir en haut