TRIBUNE

Avoirs russes : « Un “prêt de réparation” à l’Ukraine constituerait une avance sur l’obligation du Kremlin de payer des dommages de guerre »

Samedi 23 août 2025

Face au risque de désengagement des Etats-Unis en Ukraine, l’éditorialiste Hugo Dixon et la députée européenne Nathalie Loiseau plaident, dans une tribune au « Monde », pour l’utilisation, sous forme de prêt à Kiev, des avoirs russes gelés par l’Europe.

Débats Guerre en Ukraine Guerre en Ukraine

Hugo Dixon Journaliste

Nathalie Loiseau Eurodéputée et membre d’Horizons

Publié le 14 août 2025 à 14h00 Temps de Lecture 3 min.

[…] Il y a pourtant une piste : utiliser les 300 milliards de dollars [environ 256 milliards d’euros] d’avoirs russes gelés, dont environ 210 milliards d’euros se trouvent dans l’Union européenne. Il est vrai qu’une confiscation pure et simple est politiquement impossible, car de nombreux pays, dont la France, ont des réticences juridiques. Ils craignent aussi une déstabilisation de l’euro.

Heureusement, une autre solution existe et elle est juridiquement solide : un « prêt de réparation ». Il s’agit d’utiliser les avoirs de la Russie contre elle-même en les prêtant à l’Ukraine. Moscou ne récupérerait ses fonds que si elle payait des réparations. Ce prêt constituerait en réalité une avance sur l’obligation du Kremlin de payer des dommages de guerre.

[…] Les juristes s’accordent à dire que la Russie devra payer des dommages de guerre. Mais il faudra des années avant que la commission ne rende sa décision, alors que Kiev a besoin de liquidités dès maintenant. Un prêt de réparation permettrait de surmonter ce décalage.

En rien une confiscation

Comment ? En premier lieu, les pays européens et les autres pays volontaires demanderaient aux dépositaires actuels des avoirs, dont le belge Euroclear, de transférer les fonds vers une structure juridique ad hoc. Les fonds serviraient à un prêt de réparation à l’Ukraine. Kiev ne devrait rembourser ce prêt que si Moscou payait des dommages de guerre. Lire la suite.

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