Évasion fiscale : le cas du milliardaire Pierre Castel continue de faire des vagues
Plus de 400 millions de francs : le montant réclamé par le fisc genevois au multi-milliardaire français Pierre Castel a attiré l’attention de la presse internationale et suscite un débat local. Dans les couloirs du pouvoir judiciaire, cette attention médiatique semble également avoir provoqué un vent de panique.
Ce contenu a été publié le 16 décembre 2022 - 15:30 16 décembre 2022 - 15:30
En juillet dernier, la Chambre administrative de la Cour de justice de Genève annonce que Pierre Castel, négociant de vin et douzième fortune de Suisse, doit s’acquitter d’un redressement fiscal de 410 millions de francs, soit assez pour absorber le déficit du canton. Le cas fait grand bruit : tant par la somme réclamée que par les questions qu’il pose sur le fonctionnement du fisc genevois. Cela ferait 30 ans que Pierre Castel aurait omis d’indiquer à l’administration fiscale qu’il était à la tête du Groupe Castel et qu’il touchait d’importants dividendes via une fondation au Liechtenstein et un fonds singapourien.
Le fisc met longtemps à se saisir de l’affaire. Pierre Castel, aujourd’hui âgé de 96 ans, se serait inscrit au fisc sous son deuxième prénom Jésus, ce qui lui aurait permis d’échapper à l’attention des enquêteurs et d’éluder les impôts à hauteur de « montants considérables » selon le Tribunal de première instance de la ville de Genève. Sa véritable identité n’aurait été découverte qu’à la lecture d’articles de presse.
215 sociétés dans 40 pays
Pour comprendre la procédure fiscale qui vise le milliardaire à Genève, il faut revenir sur la manière dont est structuré le groupe Castel. Dans une enquête pour l’association Survie, le chercheur Olivier Blamangin estime que l’entreprise a mis en place « un savant mécano de sociétés et de holdings domiciliées dans des paradis fiscaux [qui] permet […] de faire remonter les bénéfices vers les places offshore les plus attractives du moment ». Lire la suite.