Par Charles Delouche-Bertolasi Publié le 21/03/2026 à 16h29
D’ordinaire, la brigade mène ces missions à l’aube, pour garantir l’effet de surprise. Embarqués sur un puissant hors-bord, les agents foncent à toute berzingue vers le large, cap sur le pied de la « muraille ». Dans le jargon des marins, c’est ainsi qu’est nommée la coque des cargos, haute comme un immeuble de six étages. Malgré les vagues et la houle, l’embarcation doit venir se coller au plus près du navire suspect pour l’aborder au plus vite. Une échelle de corde est jetée du navire une fois captée la sommation des douaniers et un à un, les garde-côtes équipés de gilets de sauvetage doivent gravir la coque. Sans ligne de vie.
Pas d’abordage pour la mission du jour. Le bateau qui intéresse la brigade des douaniers de La Rochelle est à quai depuis la veille, repéré il y a quelques jours par les agents du centre opérationnel des contrôles en mer de la façade Atlantique. Derrière des dizaines d’écrans, ces agents basés à Nantes scrutent sans interruption la navigation, de la frontière espagnole jusqu’à la Belgique. Les embarcations qu’ils jugent suspectes sont ciblées et les marins rochelais dépêchés. Dans leur viseur ce jour-là, un vraquier qui bat pavillon des Bahamas ; en provenance du port brésilien de Rio Grande, il doit terminer sa route aux Pays-Bas, après être passé par La Rochelle, pour y décharger de la pâte à papier. Lire la suite.