Société.

Au Liechtenstein, l’argent des ultrariches n’est plus si bien gardé

Dimanche 17 août 2025

Nichée au cœur des Alpes, la petite principauté tente depuis des années de se détacher de son image de paradis fiscal. Pour les plus fortunés, elle demeure attractive, grâce à un habile système de fondations permettant d’échapper à l’impôt. Mais les déconvenues sont de plus en plus fréquentes, assure le journal conservateur allemand “Die Welt”.

Source Die Welt Traduit de l’allemand Lecture 5 min. Publié le 24 mars 2025 à 05h00

La guerre de Thomas Kindler commence le 2 mars 2021 : le tribunal de grande instance de Vaduz le force à quitter le conseil d’administration d’une fondation établie au Liechtenstein par un magnat de l’immobilier allemand.

L’argument qui a motivé cette décision a de quoi surprendre : il n’a pas failli à ses devoirs ni agi contre la volonté du fondateur, non, la seule “apparence d’un conflit d’intérêts” a suffi à justifier sa mise à pied.

Pour Kindler, c’est une grossière erreur judiciaire et le début d’une bien étrange bataille juridique, aux ramifications toujours plus confuses.

Depuis, l’affaire a pris de l’ampleur et l’enjeu la dépasse : il en va désormais de la crédibilité du Liechtenstein, la plus petite et, malgré son adhésion aux réglementations internationales, la plus controversée des places financières d’Europe. Dirigé par le prince Hans-Adam II, l’un des monarques les plus riches de la planète, ce micro-Éttat se présente aux grandes fortunes comme un havre dans lequel échapper au fisc et aux guerres de succession.

Les affaires comme celle de Thomas Kindler montrent cependant que les avantages dont se flatte le pays lui font prêter le flanc aux critiques, à mesure que les conflits s’installent : difficile de se targuer de transparence et de discrétion quand les accusations Lire la suite.

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