Sri Lanka : le fils de l’ex-président arrêté dans une affaire de pots-de-vin liée à Airbus

Vendredi 4 septembre 2026

Les autorités anticorruption sri-lankaises ont annoncé vendredi avoir arrêté le député et fils de l’ex-président Mahinda Rajapaksa, accusé d’avoir reçu 800.000 dollars liés à un contrat d’achat d’avions Airbus par la compagnie SriLankan Airlines en 2013.

Agence France-Presse 4 septembre 2026 à 15h55

Les autorités anticorruption sri-lankaises ont annoncé vendredi avoir arrêté le député et fils de l’ex-président Mahinda Rajapaksa, accusé d’avoir reçu 800.000 dollars liés à un contrat d’achat d’avions Airbus par la compagnie SriLankan Airlines en 2013.

Le magistrat en chef de Colombo, Asanga Bodaragama, a ordonné le placement en détention provisoire pour deux semaines de Namal Rajapaksa, âgé de 40 ans.

Il avait été déféré devant la justice par l’agence nationale anti-corruption (CIABOC), qui l’avait convoqué plus tôt dans la journée pour l’interroger « sur la transaction Airbus », un contrat de 2,3 milliards de dollars, finalement annulé par un nouveau gouvernement en 2016.

L’enquête des autorités anticorruption porte sur des accusations selon lesquelles l’avionneur européen aurait versé des pots-de-vin à de hauts responsables et responsables politiques sri-lankais dans le cadre de l’achat de dix appareils.

La CIABOC a indiqué au tribunal que M. Rajapaksa avait reçu 800.000 dollars, une partie de fonds qui auraient été versés par le constructeur aéronautique à des responsables politiques et des fonctionnaires sri-lankais pour obtenir le contrat.

Un homme d’affaires sri-lankais a organisé le transfert de ces fonds vers M. Rajapaksa via deux comptes bancaires à Singapour, a-t-il été également précisé.

L’avocat de M. Rajapaksa, Nishantha Dayananda, a demandé sa remise en liberté sous caution, mais celle-ci a été refusée.

L’ex-président Mahinda Rajapaksa lui-même avait été interrogé en mai dans le cadre de cette enquête.

La famille Rajapaksa nie les accusations et dénonce des poursuites politiquement motivées.

L’ancien directeur général de SriLankan Airlines, Kapila Chandrasena, avait déclaré aux enquêteurs en mars avoir versé près de 500.000 dollars de pots-de-vin à Namal Rajapaksa.

M. Chandrasena a été retrouvé mort en mai au domicile d’un proche, peu avant qu’il ne doive être arrêté à nouveau. Les causes de son décès n’ont pas été établies.

Une enquête menée par les autorités américaines, britanniques et françaises avait précédemment établi qu’Airbus avait accepté de verser environ 16 millions de dollars de pots-de-vin au Sri Lanka, dont 1,7 million avaient été versés à M. Chandrasena.

Ces versements étaient liés à l’achat de dix appareils Airbus, qui devait être approuvé par le gouvernement pendant la présidence de Mahinda Rajapaksa, de 2005 à 2015.

Selon des éléments présentés devant la justice, M. Chandrasena avait d’abord déclaré aux enquêteurs avoir versé à M. Rajapaksa 60 millions de roupies (461.000 dollars à l’époque) en trois tranches en 2013.

Il s’était ensuite rétracté, affirmant avoir fait cette déclaration sous la pression.

SriLankan Airlines cumule près de deux milliards de dollars de pertes et les tentatives répétées de privatisation de la compagnie ont échoué.

aj-cn/am/glr

Agence France-Presse

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