Publié le 13 novembre 2024 Elisabeth Fleury
D’un côté de la salle d’audience, derrière un banc où s’entassent les robes noires de leurs avocats, dix prévenus en cravate sombre et chemise blanche, nuques impeccables et souliers lustrés. La France des complets gris. Celle des hauts fonctionnaires, ex-grands flics pour la plupart – l’un d’eux fut magistrat – et de leurs affidés. Ici on s’embrasse, on se tape gentiment sur l’épaule, on se tutoie. Bernard Squarcini, l’ancien patron du Renseignement intérieur, distribue sourires et clins d’œil à qui veut.
C’est lui, le principal prévenu. Entre 2013 et 2016, alors qu’il avait quitté l’administration et fondé sa propre société d’intelligence économique, il aurait utilisé ses réseaux pour récupérer des informations sensibles au profit du groupe LVMH et de son patron Bernard Arnault. Les autres, comme un seul homme, lui auraient prêté main-forte.
[….] S’il n’est plus prévenu, le patron de LVMH devra néanmoins s’expliquer à l’audience : il a été cité in extremis comme témoin par la partie civile et le président Benjamin Blanchet a prévu de l’entendre le 28 novembre prochain. « Les policiers n’avaient-ils pas mieux à faire que de suivre François Ruffin, de relever ses plaques minéralogiques, de surveiller son entourage ? N’auraient-ils pas été mieux employés contre les violences conjugales, le grand banditisme, le terrorisme ? » À ces questions, posées par le député de la Somme aux portes de l’audience, le patron de LVMH aura une matinée entière pour répondre. Lire la suite.