Préambule
Le gouvernement israélien a compris depuis longtemps que pour rendre acceptable par l’opinion publique mondiale les atteintes gravissimes aux droits humains, les massacres de masse, les crimes de guerre et une politique génocidaire, il faut déployer les grands moyens.
Après le 7 octobre 2023, Israël a intensifié cette stratégie : tous les aspects de la guerre informationnelle sont couverts, depuis la propagande institutionnelle, le lobbying ou la mobilisation de médias amis, jusqu’à des psyOps encore jamais vues, passant par une manipulation massive des influenceurs, du Web et des réseaux sociaux, et même des IA.
Toutes ces opérations seraient totalement opaques si le ministère de la justice américain n’avait pas contraint les entreprises américaines représentant des intérêts étrangers de déclarer ces activités d’influence (Foreign Agent Registration Act, ou FARA). Toutes ces déclarations sont publiquement accessibles.
La France a très tardivement tenté de mettre en place un système équivalent, qui s’est soldé par la publication de… 12 (oui, douze) formulaires en tout et pour tout. Pas de quoi pousser très loin une investigation ni permettre de se faire une idée, même vague, de l’étendue de la prise d’intérêts par des États tiers.
C’est donc vers les déclarations américaines FARA que nous nous sommes tournés dès 2025 pour connaître la cible, les canaux et les moyens déployés par le gouvernement israélien pour polir son image. Et ces documents révèlent qu’au centre de tout ceci on trouve une agence de communication bien connue, le groupe Havas.
C’est principalement par une de ses filiales allemandes, Havas Media Germany GmbH, basée à Francfort, que ces opérations sont menées. Avec de très gros budgets, et des résultats que vous avez certainement vus ou entendus, et ce probablement sans savoir qu’il s’agissait d’une opération de propagande d’un État étranger. Lire la suite.