Guerre en Ukraine : ses finances publiques exsangues poussent Poutine à augmenter les impôts sur les Russes les plus riches

Lundi 28 septembre 2026

Le Kremlin entend poursuivre l’effort de guerre et a décidé d’augmenter les impôts. Les entrepreneurs russes rechignent à investir, de peur de voir leurs actifs saisis par l’Etat.

Par Guillaume de Calignon Publié le 28 sept. 2026 à 17:33 Mis à jour le 28 sept. 2026 à 18:07

La Russie a de plus en plus de difficultés à financer son effort de guerre et Moscou a décidé d’en passer par une hausse d’impôts l’an prochain, a annoncé le ministère des Finances quatre jours après les élections législatives qui ont conforté le pouvoir du président, Vladimir Poutine. Le projet de budget 2027, présenté la semaine dernière, prévoit un déficit budgétaire représentant seulement 2 % du PIB russe.

Mais ce résultat sera atteint grâce à plusieurs augmentations de taxes qui toucheront en grande majorité les citoyens les plus aisés. En effet, les revenus provenant « des dividendes et autres participations au capital, des intérêts sur les dépôts, de transactions sur titres et droits numériques, de la vente de biens immobiliers et de participations, ainsi que des contrats d’assurance et de donation » seront inclus dans l’assiette principale de l’impôt sur le revenu, selon le ministère des Finances, et seront donc taxés jusqu’à 22 %. Jusqu’ici, le taux d’imposition de ce type de revenus ne dépassait pas 15 %.

Les élites économiques visées

Cette décision « ne concernera pas plus de 6 % de la population ayant un revenu imposable, soit environ 4 millions de citoyens », a indiqué le ministère, qui se veut rassurant. La population russe est déjà sous la menace d’une nouvelle mobilisation pour le front ukrainien. Au-delà, ce sont bien les élites qui sont visées par le Kremlin, qui cherche visiblement à épargner les Russes de la classe moyenne.

Les entreprises minières et métallurgiques seront soumises à une taxe de 30 % sur les bénéfices excédentaires générés par la récente flambée des prix mondiaux des matières premières. Les dividendes payés à des détenteurs étrangers d’actions russes seront taxés à 35 % et les fonds communs de placement paieront un impôt de 15 %.

Il faut dire que les finances publiques russes sont exsangues. Le pays est coupé du dollar et de l’euro et ne peut donc accéder à l’épargne des Occidentaux pour financer son train de vie et son effort de guerre.

Au cours des huit premiers mois de l’année, « les recettes issues du pétrole et du gaz ont reculé de 17 % en glissement annuel », selon une analyse de la banque centrale de Finlande. Les attaques ukrainiennes ont pesé sur les volumes d’exportation de pétrole, privant ainsi le gouvernement d’une partie des bénéfices liés aux prix élevés du brut. Lire la suite.

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