L’empire Bernard Arnault épisode 4/6

Comment Bernard Arnault tente d’imposer sa ligne à ses médias

Mercredi 22 juillet 2026

Enquête « L’empire Bernard Arnault » (4/6). Depuis les années 1990, le PDG de LVMH s’est constitué une petite galaxie médiatique dans la presse écrite et la radio dont il se sert pour relayer ses idées, ses goûts, mais aussi pour promouvoir ses marques.

Par Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider Publié aujourd’hui à 16h00, modifié à 16h30

Temps de Lecture 16 min.

Souvent, en refermant l’un de ses journaux, Bernard Arnault laisse poindre sa mauvaise humeur : « Avec Vincent, cela ne se passerait pas comme ça ! » Comme d’autres grands patrons, il a commencé à acheter des médias dans les années 1990, mais, au fond, il ne comprend pas la presse. Puisqu’il paye, pense-t-il, la moindre des choses serait que ses journaux et sa radio lui ressemblent et pensent comme lui. Qu’ils soient en quelque sorte à son service et concourent aux intérêts de LVMH. Les manifestations d’opposition de ses journalistes à ses pressions, il les considère comme aberrantes. Se rendent-ils seulement compte, ces « enfants gâtés », que dans les médias de son ami Vincent Bolloré, avec lequel il parle régulièrement, le numéro deux, Serge Nedjar, professe tout haut cette règle implacable : « La seule ligne éditoriale que je respecte, c’est celle du patron » ?

Les dirigeants des médias qui lui appartiennent marchent donc sur des œufs. Tous connaissent ses habitudes. Ils savent qu’il écoute Radio Classique dans sa voiture, lit Les Echos, Le Parisien ou Paris Match dans leur édition papier, et ont appris à savamment naviguer entre les horaires et les supports pour éviter de lui déplaire. « Tout est miné, c’est un enfer », soupire un rédacteur en chef qui tente de décrypter les interdits et tabous du propriétaire. Lire la suite.

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