Par Raphaëlle Bacqué (San Francisco, envoyée spéciale), Damien Leloup et Alexandre Piquard Publié hier à 20h00, modifié à 02h30 Temps de Lecture 14 min
Le ranch est un peu compliqué à localiser : dans ce coin de Californie, à moins de deux heures de la Silicon Valley, la connexion Internet ne passe plus, pas de GPS donc, et aucune station-service ne vend plus de carte routière, cet archaïsme à l’heure de l’intelligence artificielle (IA).
[…] C’est là que les ancêtres de l’ancien gouverneur de Californie Jerry Brown, venus d’Allemagne en 1849, tenaient un relais où l’on changeait les chevaux, « avant, raconte-t-il, que l’arrivée du chemin de fer ne tue la petite route, son auberge, et ne bouleverse totalement la donne ». Un siècle plus tard, Jerry Brown a transformé l’ancien relais en maison de campagne. A 87 ans, c’est un beau vieil homme, dans le style chic et cultivé des Wasps (pour white anglo-saxon protestants, « protestants anglo-saxons blancs ») du Parti démocrate, qui lit des essais politiques et produit une huile extraite des champs d’oliviers longeant la vallée. Autant dire, un bout de l’ancien monde, à moins de deux heures des rois de la tech.
Il les connaît bien. « Ils gravitaient presque tous autour de moi, comme ils l’ont toujours fait autour du pouvoir », assure-t-il. Mark Zuckerberg et les géants d’Apple ont longtemps financé ses campagnes : « Après tout, ils disaient se préoccuper du pays et faisaient partie des plus riches. » Jerry Brown inaugurait les sièges de leurs entreprises, y compris celui de Tesla, à Palo Alto, même si « Elon Musk était l’un des rares à ne jamais vraiment répondre » à ses campagnes de levée de fonds pour le Parti démocrate Lire la suite.