Procès requis en France après une vaste enquête sur des liens entre un ex-chef du renseignement et LVMH

Mercredi 4 janvier 2023

Procès requis en France après une vaste enquête sur des liens entre un ex-chef du renseignement et LVMH

Agence France-Presse 3 janvier 2023 à 20h04

Un procès a été requis en France après une vaste enquête sur des liens troubles entre un ex-chef du renseignement et le groupe de luxe LVMH, qui a payé une amende de 10 millions d’euros pour éviter des poursuites pour trafic d’influence.

Fil rouge de cette information judiciaire aux multiples ramifications, ouverte il y a plus de dix ans, la reconversion dans le privé de Bernard Squarcini, surnommé « le Squale », après son éviction en 2012 de la tête de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, devenue DGSI) par le président socialiste François Hollande, qui le jugeait trop proche de son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy.

Devenu patron d’une société de conseil en intelligence économique baptisée Kyrnos, l’ancien maître-espion a notamment proposé ses services au groupe de luxe LVMH.

Les juges le soupçonnent d’avoir profité de ses relations dans la police et de ses réseaux pour obtenir des privilèges ou des informations confidentielles sur des enquêtes en cours, au profit de LVMH.

En 2016, il a été inculpé, notamment pour recel de violation du secret de l’instruction, trafic d’influence et détournement de fonds publics.

Le parquet de Paris a confirmé mardi avoir demandé le 23 décembre que M. Squarcini soit notamment jugé pour trafic d’influence passif, faux en écriture publique et complicité et recel de violation du secret professionnel et de l’instruction. Il a également demandé un procès pour dix autres personnes, dont un ancien magistrat de la cour d’appel de Paris et un préfet.

« Une étape décisive a été franchie dans un dossier inédit qui montre l’instrumentalisation des moyens des services de renseignement à des fins privées », ont salué auprès de l’AFP Mes William Bourdon et Vincent Brengarth, avocats d’un policier qui s’est porté partie civile dans l’enquête.

« Où est le donneur d’ordres ? C’est le grand absent du dossier ! Les riches paient, les pauvres passent devant le tribunal », a critiqué sous couvert d’anonymat auprès de l’AFP un conseil de l’un des mis en cause.

Bernard Arnault a été entendu comme témoin dans ce dossier tandis que l’ex-numéro 2 de LVMH, Pierre Godé, présenté par plusieurs mis en cause comme l’un des principaux protagonistes, est décédé début 2018.

Il appartient désormais aux juges d’instruction chargés des investigations de décider ou non de la tenue d’un procès.

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Agence France-Presse

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