Le Kremlin arrête des responsables du FSB
par Le Temps
Sergey Beseda, le chef du 5e Service du FSB (service de renseignement russe), celui en charge de l’information opérationnelle et des relations internationales, a été arrêté avec Anatoly Bolyukh, son adjoint. Des sources du quotidien britannique The Times au sein du FSB confirment la détention des deux hommes.
Vladimir Osechkin, un militant russe des droits de l’homme en exil, ajoute que des agents du FSB ont effectué des perquisitions dans plus de 20 domiciles de collègues soupçonnés d’être en contact avec des journalistes. « La base formelle pour mener ces perquisitions est l’accusation de détournement de fonds destinés à des activités subversives en Ukraine », déclare-t-il au Times. La vraie raison est « des informations peu fiables, incomplètes et partiellement fausses sur la situation politique en Ukraine », poursuit-il.
« La défenestration de plusieurs espions de haut rang est un signe de la fureur croissant » de Vladimir Poutine envers les services de renseignement, écrit le quotidien. Le président russe « a enfin compris qu’il avait été induit en erreur », observe le journaliste d’investigation russe, Andreï Soldatov. Les rapports finaux produits par le FSB sur l’Ukraine, la veille de l’invasion, n’étaient « tout simplement pas corrects, ce qui explique en partie pourquoi les choses se sont si mal passées [sur place] pour la Russie », pointe-t-il.
Leurs évaluations du soutien populaire des Ukrainiens à une invasion russe et du pouvoir de résistance du peuple ont été « terriblement mal calculées. » Il résume : « Le problème est qu’il est trop risqué pour les supérieurs de dire à [Vladimir] Poutine ce qu’il ne veut pas entendre. Alors, ils adaptent leurs informations ».