La Géorgie, outil de contournement des sanctions contre la Russie

Samedi 4 avril 2026

Un homme d’affaires géorgien aide Moscou à écouler illégalement des matières premières confisquées à l’Ukraine. Les autorités d’occupation russes se réjouissent d’avoir ouvert une brèche dans les sanctions internationales, tandis que Tbilissi garde le silence.

Par Emmanuel Grynszpan Publié hier à 19h00

Temps de Lecture 3 min.

Par petites touches, Moscou pousse la Géorgie à se positionner comme plateforme de contournement des sanctions internationales contre la Russie. Le 20 mars, les autorités locales de la région ukrainienne de Donetsk, occupée par la Russie depuis 2014 et annexée en 2022, ont annoncé la signature d’un accord avec une entreprise géorgienne pour l’exportation de charbon, de produits chimiques et de métaux. Hormis la Corée du Nord, aucun pays n’a reconnu cette annexion, ce qui rend juridiquement illégal tout lien commercial avec des entités basées dans la région occupée.

Le contrat a été paraphé par le chef du gouvernement mis en place par le Kremlin dans la région de Donetsk, Andreï Tchertkov, qui s’est félicité de ce « premier pas concret vers l’établissement de relations commerciales à part entière [avec la Géorgie] » et une « occasion d’élargir nos débouchés commerciaux et de renforcer notre position économique ».

L’opportunité est moins évidente pour la Géorgie, dont 20 % du territoire internationalement reconnu est occupé par des troupes russes dans les régions séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Mais contrairement à l’Ukraine, dont la Russie occupe également 20 % du territoire, la Géorgie est dirigée par un gouvernement autoritaire, contrôlé en sous-main par l’oligarque Bidzina Ivanichvili, lequel est enclin à se rapprocher subrepticement de Moscou. Lire la suite.

Revenir en haut