Publié hier à 06h45, modifié hier à 08h23
Jean-Pierre Filiu professeur des universités à Sciences Po
Le 25 février 2022, au lendemain de l’invasion russe de l’Ukraine, le Conseil de sécurité de l’ONU vote sur un projet de résolution occidentale appelant au « retrait immédiat » des troupes russes. Onze membres du Conseil approuvent le texte, qui est rejeté du fait du très prévisible veto russe. Mais la surprise vient des Emirats arabes unis, qui s’abstiennent, à l’unisson de la Chine et de l’Inde.
Cinq jours plus tard, sans doute du fait de pressions américaines, les Emirats votent cette fois, à l’Assemblée générale de l’ONU, une résolution « exigeant que la Russie cesse immédiatement le recours à la force contre l’Ukraine ». Mais Mohammed Ben Zayed Al Nahyane, le président de la fédération des Emirats, n’a rien amendé de sa prétendue « neutralité » dans la crise ukrainienne, qui conduit son pays à assurer aujourd’hui des transactions essentielles pour la campagne russe, tout en devenant le sanctuaire privilégié des oligarques sous sanctions occidentales. Lire la suite.