Suisse : enquête pour blanchiment d’argent visant l’épouse de l’ex-président gabonais

Lundi 6 juillet 2026

La justice suisse enquête depuis 2023 sur une affaire de blanchiment d’argent présumé visant Sylvia Bongo Ondimba, épouse de l’ancien président gabonais Ali Bongo, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

Agence France-Presse 6 juillet 2026 à 18h40

La justice suisse enquête depuis 2023 sur une affaire de blanchiment d’argent présumé visant Sylvia Bongo Ondimba, épouse de l’ancien président gabonais Ali Bongo, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

« Une enquête pour blanchiment d’argent est actuellement en cours au Ministère public » de Genève, a annoncé à l’AFP ce dernier, confirmant une information du média d’investigation en ligne suisse Gotham City.

Selon un document judiciaire obtenu par l’AFP, la justice genevoise a ouvert cette enquête en novembre 2023 « du chef de blanchiment d’argent » contre Mme Bongo.

« Il était en substance reproché à cette dernière d’avoir fait transférer des montants de plusieurs millions d’euros auprès d’une banque sise à Genève, alors que des soupçons de corruption d’agents publics étrangers et de détournements de fonds publics pesaient sur elle et sur les membres de sa famille, et que, partant, les fonds déposés auprès de cet établissement étaient susceptibles d’être le produit de ces actes criminels », indique ce document.

Il révèle également que la Chambre pénale de recours de la Cour de justice de Genève a rejeté fin mai un recours de Sylvia Bongo qui contestait au gouvernement du Gabon la qualité de partie plaignante dans cette procédure.

Le ministère public n’a pas fourni davantage de précisions, notamment sur l’évolution de l’enquête.

En novembre dernier, la Cour criminelle de Libreville a condamné en leur absence Sylvia et son fils Noureddin Bongo, installés à l’étranger, à 20 ans de réclusion criminelle, notamment pour détournements massifs de fonds publics.

Arrêtée après le coup d’Etat militaire du 30 août 2023 ayant porté au pouvoir le général Brice Oligui Nguema, depuis élu président, Sylvia Bongo avait été emprisonnée avec son fils pendant 20 mois au Gabon avant de quitter le pays en mai 2025.

Elle avait ensuite dénoncé des violences et « tortures » subies en détention, ce que le gouvernement gabonais dément.

Les avocats de la famille Bongo ont indiqué en mai 2024 avoir déposé plainte devant la justice française pour « arrestation illégale » et « séquestration aggravée par des actes de tortures et des actes de barbarie » de plusieurs de ses membres, dont Sylvia et Noureddin Bongo, qui possèdent, comme Ali Bongo, la nationalité française.

Agence France-Presse

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