Agence France-Presse 15 avril 2026 à 12h25
« La mémoire revient parfois quand on est mis en cause », prévient mercredi l’avocat de Claude Guéant, ajoutant auprès de l’AFP que son client était prêt à faire un « complément d’attestation » en cas de nouvelle attaque de Nicolas Sarkozy devant la cour d’appel jugeant le dossier libyen.
Mardi, Me Philippe Bouchez El Ghozi a versé aux débats une attestation écrite de Claude Guéant, qui ne peut assister à l’audience pour raisons de santé. L’octogénaire y a rompu spectaculairement avec son ancien patron, après les doutes sur sa probité évoqués par celui-ci à la barre.
« Cette rupture a été provoquée non pas par Claude Guéant mais par Nicolas Sarkozy la semaine dernière qui a complètement changé de tactique, en se disant désormais qu’il allait essayer de mettre en cause Claude Guéant », a dénoncé mercredi dans un entretien à l’AFP Me Bouchez El Ghozi, qui avait rappelé mardi qu’en première instance, il y a un an, l’ex-chef de l’Etat dépeignait son ancien bras droit en « honnête homme ».
Ce changement de stratégie de Nicolas Sarkozy a pour but de « se défausser et prétendre ainsi qu’il n’était pas au courant des demandes libyennes sur la situation » judiciaire du dignitaire libyen Abdallah « Senoussi et des instructions données par lui à cet effet », a poursuivi l’avocat.
« Tout ce qu’a fait Claude Guéant l’a toujours été dans le cadre de ses fonctions et sur instructions de Nicolas Sarkozy », a-t-il ajouté.
En première instance, Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs, jugé coupable d’avoir laissé Claude Guéant et son ami Brice Hortefeux, rencontrer clandestinement Senoussi, alors que celui-ci avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir commandité l’attentat contre le DC-10 d’UTA en 1989 (170 morts dont 54 Français).
Ces réunions auraient eu pour objet, selon le tribunal correctionnel, de nouer un « pacte de corruption ».
Claude Guéant, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy ont toujours nié ce scénario, les deux premiers affirmant avoir été « piégés » et assurant qu’ils n’avaient pas informé leur coprévenu de ces tête-à-tête avec Senoussi.
La décision de Nicolas Sarkozy de mettre en cause Claude Guéant, « non seulement cela ne lui fera pas gagner un point devant la cour mais cela devrait lui nuire », a estimé Me Bouchez El Ghozi.
« Je pense que toute nouvelle mise en cause de Claude Guéant, sur ses actions menées dans le cadre de ses fonctions ou sur sa probité, fera l’objet d’un complément d’attestation », a-t-il menacé.
« Nous ne faisons aucun commentaire. L’audience se déroule devant la cour, pas dans les médias. L’audience, rien que l’audience », a réagi l’équipe de défense de Nicolas Sarkozy, sollicitée par l’AFP.
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