Agence France-Presse 4 novembre 2025 à 14h54
La cour d’appel de Paris a maintenu mardi en détention l’intermédiaire Alexandre Djouhri, incarcéré comme Nicolas Sarkozy dans le procès libyen, en rejetant sa demande de mise en liberté.
« La cour considère que la détention reste justifiée au regard des éléments précis et circonstanciés de la procédure », a déclaré le président de la cour d’appel, soulevant le risque de fuite de l’homme d’affaires franco-algérien de 66 ans qui « dispose de facilités pour décider d’un départ du territoire national ».
La cour a relevé que l’intermédiaire, au patrimoine et à l’activité professionnelle flous, a présenté à l’appui de sa demande de mise en liberté des garanties « particulièrement faibles ».
Or Alexandre Djouhri est « impliqué dans une série de faits qui présentent la particularité de se trouver à la frontière entre le monde des affaires et le fonctionnement des États et qui sont de nature à vicier le fonctionnement de l’un et de l’autre », a-t-elle indiqué.
Cette décision intervient six jours avant l’examen de la demande de mise en liberté de l’ex-président Nicolas Sarkozy et une semaine après la libération de l’ex-banquier Wahib Nacer par la même chambre, les deux autres détenus de ce dossier politico-financier de haut vol.
« La lâcheté ne me correspond pas. Je ne pourrais pas regarder mes enfants et petits-enfants dans les yeux si je ne me présentais pas devant la cour », avait soutenu lundi à l’audience Alexandre Djouhri, qui comparaissait devant la cour d’appel en visio-conférence depuis la prison de la Santé.
Le parquet général avait requis son maintien en détention en estimant qu’il était « l’unique moyen pour préserver le déroulement serein des débats et prévenir une concertation des prévenus ».
« Alexandre Djouhri est une nouvelle fois renvoyé à sa binationalité franco-algérienne, (étant) soi-disant susceptible de fuir en Algérie. C’est toujours un deux poids deux mesures insupportable, un délit de sale gueule », a déclaré son avocat Charles Consigny à l’issue du délibéré.
Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Alexandre Djouhri à six ans d’emprisonnement avec incarcération immédiate et trois millions d’euros d’amende pour avoir été au cœur de schémas financiers complexes impliquant de hauts dirigeants libyens.
L’intermédiaire a notamment été reconnu coupable d’avoir organisé la vente fictive de deux tableaux pour permettre à Claude Guéant de toucher un demi-million d’euros.
« Les faits montrent sa capacité corruptive à un très haut niveau, non seulement d’un agent public étranger, mais également de celui qui était alors secrétaire général de l’Elysée », ont estimé les magistrats du tribunal correctionnel dans leur jugement.
Alexandre Djouhri ayant fait appel de cette décision de première instance, son incarcération est désormais considérée comme relevant des critères de la détention provisoire.
Selon l’article 144 du Code de procédure pénale, le maintien en détention d’une personne n’est possible que s’il est l’« unique moyen » de protéger des preuves, d’empêcher pressions ou concertations, de prévenir fuite ou récidive, ou de la protéger.
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