Riposte

Plantations africaines de Bolloré : ciblées par des procédures baillons, les ONG contre-attaquent

Jeudi 3 septembre 2026

Détenu à 38 % par le milliardaire breton et accusé d’accaparer et polluer les terres en Sierra Leone, le géant de l’huile de palme Socfin multiplie les plaintes contre les organisations de défense des droits humains, qui viennent de saisir la justice pour procédure abusive.

Par Renaud Lecadre Publié le 14/07/2026 à 8h00

Eternel gag de l’arroseur arrosé. Trois ONG belges viennent de porter plainte pour abus de procédure contre Socfin, lui réclamant 115 000 euros de dommages et intérêts. Car ce géant de l’huile de palme et du caoutchouc, avec 193 000 hectares de plantations en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-Est, est du genre procédurier, l’agence Bloomberg ayant recensé l’an dernier pas moins d’une cinquantaine de plaintes contre des ONG, militants ou journalistes à travers le monde. Dès 2018, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pointait à ce titre des « intimidations d’ONG ayant reporté des allégations de violations de droits humains. » Interrogé par Libération, Socfin « conteste formellement » le chiffre de Bloomberg : « Notre groupe respecte pleinement la liberté d’expression et le rôle de la société civile, tout en se réservant le droit d’y répondre, y compris par les voies judiciaires appropriées. »

Ce spécialiste de l’huile de palme, créé au début du XXe siècle, est contrôlé depuis trente ans par l’homme d’affaires belge Hubert Fabri (54,25 % du capital) et Vincent Bolloré (38,75 %), qu’on ne présente plus. Un tandem très fidèle et parfaitement huilé. Lire la suite.

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