Menacé d’une contribution exceptionnelle sur ses profits, CMA CGM renonce à son engagement d’enregistrer 40 navires sous pavillon français

Mercredi 30 septembre 2026

Cette décision de Rodolphe Saadé, le patron de l’armateur, vise à faire pression sur le gouvernement qui pourrait décider, dans le cadre du budget, de mettre davantage à contribution le groupe dont les bénéfices en 2026 devraient dépasser les 2,1 milliards d’euros réalisés en 2025.

Par Julien Bouissou et Jonathan Parienté Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 07h21

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Ce fut un discours vibrant de patriotisme, que prononça Rodolphe Saadé, le patron de l’armateur CMA CGM, ce 2 juillet, au pied du Notre-Dame, un mastodonte des mers pouvant transporter 24 212 conteneurs. « La France est le pays qui a permis à notre groupe de grandir et de devenir ce qu’il est aujourd’hui. (…) C’est cette France que nous continuerons, chaque jour, à servir et à faire rayonner », clamait alors M. Saadé au Havre, devant un parterre d’hommes d’affaires, d’élus et de notables qui assistaient au baptême de ce bateau, le plus grand de la flotte de l’armateur.

Quelques semaines plus tôt, le 9 juin, Rodolphe Saadé prenait l’engagement, devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, de porter le nombre de ses navires sous pavillon français de 30 à 40 d’ici à 2028 : « On a fait le choix du pavillon français et d’équipage français. On l’a fait parce que les marins français sont d’excellents marins et on souhaite en avoir plus », déclarait-il devant les députés.

L’armateur vient de revenir sur ses engagements. Selon les informations du Monde, la direction de CMA CGM a annoncé aux représentants du personnel, jeudi 24 septembre, que le plan annoncé s’arrêterait à 33 navires, au lieu des 40 promis. Les sept prochains, les sister-ships du Notre-Dame aux noms de monuments français, seront immatriculés ailleurs. Lire la suite.

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