Les interrogations de Tracfin sur une transaction entre des sociétés de l’oligarque russe Nikolaï Sarkisov et de Bernard Arnault

Jeudi 28 septembre 2023

L’achat de propriétés dans la station de ski huppée de Courchevel intrigue la cellule française de renseignement financier.

Par Olivier Faye Publié aujourd’hui à 06h05, modifié à 08h23

Courchevel est un havre pour Bernard Arnault, presque une madeleine de Proust. Selon la légende familiale, le président-directeur général (PDG) de LVMH, 74 ans, aurait appris à skier, enfant, sur les pistes de la célèbre station savoyarde. Ce repaire à milliardaires, où le prix d’une nuit d’hôtel peut se négocier en dizaines de milliers d’euros, représente surtout un actif de premier plan dans le portefeuille immobilier de l’homme le plus riche du monde – titre que lui dispute, au gré des variations boursières, le fondateur de Tesla, Elon Musk. Le Français possède dans la cité alpine un palace, le Cheval Blanc, et un hôtel de standing, le White 1921. Il s’y prête aussi à des opérations immobilières suffisamment complexes pour attirer l’attention de la justice.

Selon nos informations, le parquet de Paris s’intéresse en effet à une discrète partie de Monopoly jouée par Bernard Arnault, en 2018, en compagnie de l’oligarque russe Nikolaï Sarkisov. Un milliardaire de 55 ans, qui a fait fortune grâce à sa compagnie d’assurances Reso-Garantia. Cette dernière est surtout connue en France pour avoir signé, en 2019, un contrat de conseil d’une valeur de 3 millions d’euros avec Nicolas Sarkozy, qui vaut à l’ancien chef de l’Etat une enquête du Parquet national financier pour « trafic d’influence » et « blanchiment de crime ou de délit ». Lire la suite.

Revenir en haut