Par Youness Bousenna Publié aujourd’hui à 09h29, modifié à 11h24
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Un mot dans l’air. Depuis quelques mois, une brochure radicale circule sous le manteau. Et, bien entendu, loin des réseaux sociaux. Signé par le mouvement technocritique Ecran total, ce texte, aujourd’hui publié aux éditions La Lenteur, s’était déjà diffusé à 3 000 exemplaires avant d’atteindre les librairies, début 2026. Le titre de ce manifeste : Technofascisme. Une proposition de quitter au plus vite tous les réseaux sociaux (40 pages, 5 euros), seul moyen selon ce collectif de faire reculer la forme très particulière d’extrême droite née dans la Silicon Valley. Un mouvement que résume le salut nazi du patron de X, Elon Musk, lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump en janvier 2025, et qui propulsera dans l’actualité ce mot : « technofascisme ».
Celui-ci n’est pas nouveau. André Gorz l’employait dès 1977 dans Ecologie et liberté (éd. Galilée) pour cibler la technocratie d’Etat s’occupant de l’environnement, et son « ingénierie appliquée aux systèmes vivants ». Le penseur écosocialiste est mort en 2007, dans un monde refaçonné par la guerre contre le terrorisme, quatre ans après la naissance d’une société au nom tiré du Seigneur des anneaux, Palantir, cofondée par un entrepreneur obsédé par l’Antéchrist, Peter Thiel. Deux décennies plus tard, le nom de ce milliardaire libertarien et celui de sa société – qui équipe notamment de ses logiciels la controversée police de l’immigration américaine – sont devenus les emblèmes de ce qu’une flopée d’ouvrages récents cerne sous le label de « technofascisme ». Lire la suite.