« La Droite de Dieu. Vincent Bolloré, un milliardaire en mission » : un livre enquête sur l’entreprise politique d’extrême droite lancée par le puissant patron

Jeudi 17 septembre 2026

Dans un captivant ouvrage, les journalistes Camille Vigogne Le Coat et Clément Lacombe décryptent les coulisses de la croisade idéologique lancée par l’homme d’affaires breton et révèlent notamment qu’il préside lui-même les conférences de rédaction de ses titres de presse, contrairement à ses déclarations tenues sous serment.

Par Ariane Chemin Publié hier à 17h00, modifié hier à 17h32

Temps de Lecture 2 min.

Livre. Il tire ou veut tirer les ficelles de la présidentielle. Vincent Bolloré, douzième fortune française, a forgé quarante ans durant un vaste réseau politico-médiatique et financier et, à 74 ans, s’est lancé dans une croisade au lieu de prendre sa retraite : officiellement, une croisade catholique et charitable. En réalité, une entreprise politique d’extrême droite. A sept mois d’une élection cruciale, Camille Vigogne Le Coat, qui connaît parfaitement l’extrême droite, et Clément Lacombe, fin connaisseur des cercles économiques français, ont eu l’envie légitime de consacrer un livre à Vincent Bolloré : La Droite de Dieu (Les Arènes, 288 pages, 20 euros).

Dans une enquête très documentée construite autour de courts chapitres rythmés, les deux reporters du Nouvel Obs retracent le parcours de cet homme qui s’est enrichi en Afrique ; un procès pour corruption au Togo et en Guinée l’attend en décembre. Le duo s’est démené pour tenter de poser ses questions à cet homme qui refuse systématiquement de rencontrer les journalistes. Afin de le croiser lors d’une assemblée générale, les deux reporters ont acheté (1 400 euros pièce) des actions de la Compagnie de l’Odet, holding dans laquelle ont été remontées les liquidités naguère stockées dans Bolloré SE et dont le milliardaire vient de modifier les statuts pour la présider jusqu’à ses 80 ans. Ils ont aussi « planqué » devant le foyer étudiant parisien Jean-Bosco, propriété du milliardaire, où il se rend pour prier.

Les pages consacrées à cette chapelle offrent quelques morceaux aussi inédits que glaçants. On apprend que l’abbé Gabriel Grimaud, un prêtre retraité entièrement dévoué au salut du grand patron dont la soutane traîne dans l’ombre de Bolloré depuis les années 1990, fait depuis 2020 l’objet de cinq signalements au parquet de Paris pour des formes de harcèlement et de violences psychologiques sur de jeunes étudiantes. Lire la suite.

Revenir en haut