Par Claire Bargelès (Johannesburg, correspondance) Publié aujourd’hui à 19h15, modifié à 19h16
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Plus de soixante-six ans après le massacre de Sharpeville et la mort de son père, Paulina Ntsoaki Mathinye ne veut pas baisser les bras. La septuagénaire est l’une des trois plaignants à l’origine d’une action en justice visant à obtenir reconnaissance et réparation. « J’ai rejoint la procédure car je voulais simplement que ma douleur soit connue. Je voulais en parler haut et fort. »
Lorsqu’elle repense au 21 mars 1960, elle revit toujours cette journée tragique comme l’enfant de 5 ans qu’elle était alors. Ce lundi-là, des milliers de personnes s’étaient rassemblées pacifiquement pour protester contre les lois de l’apartheid, au sein de Sharpeville, un township situé au sud de Johannesburg. Mais la police a ouvert le feu contre la foule. Officiellement, 69 victimes ont été tuées. Un bilan minimisé. Selon des recherches menées en 2023, il atteint au moins 91 morts.
Le jour du drame, Paulina était dans la maison familiale, proche du lieu du rassemblement. « Ma mère m’avait prise dans ses bras pour que je puisse regarder par la fenêtre, et tout à coup j’ai vu des gens courir dans la rue, qui tentaient de fuir le chaos, raconte-t-elle en langue sotho, toujours émue. Lire la suite.