François Fillon va payer 70.000 euros pour solder une enquête sur un ex-assistant parlementaire

Mercredi 18 décembre 2024

François Fillon a accepté de rembourser le salaire et les charges d’un ex-assistant parlementaire qui avait contribué à l’écriture d’un de ses livres et dont l’emploi irrégulier lui valait une enquête depuis 2017 pour détournement de fonds publics, a indiqué mardi le Parquet national financier, sollicité par l’AFP.

Agence France-Presse 17 décembre 2024 à 17h47

François Fillon a accepté de rembourser le salaire et les charges d’un ex-assistant parlementaire qui avait contribué à l’écriture d’un de ses livres et dont l’emploi irrégulier lui valait une enquête depuis 2017 pour détournement de fonds publics, a indiqué mardi le Parquet national financier, sollicité par l’AFP.

Selon deux sources proches du dossier, le montant que devra rembourser l’ex-Premier ministre est évalué à environ 70.000 euros.

« Après 7 ans d’enquête, je ne peux que me réjouir de cette décision de classement », a indiqué Me Antonin Lévy, avocat de l’ancien locataire de Matignon.

Le PNF a confirmé avoir procédé vendredi « au classement sans suite au motif de régularisation de l’enquête préliminaire mettant en cause François Fillon et Jérôme Chartier », ex-député proche de l’ancien chef du gouvernement, pour « les conditions d’emploi de deux de leurs assistants parlementaires, Maël Renouard et Caroline Morard. »

L’enquête visant M. Fillon depuis avril 2017 s’intéressait à l’emploi de l’écrivain et philosophe Maël Renouard, entre 2013 et 2015, comme assistant parlementaire.

Comme l’avait révélé le site Buzzfeed en 2017, Maël Renouard, « plume » de François Fillon lorsque ce dernier était à Matignon, avait été embauché pour l’écriture de « Faire », livre-programme du candidat à l’élection présidentielle publié en 2015.

D’après le PNF, cet emploi a bien été « exclusivement dédié à la rédaction d’un livre de campagne dans le seul intérêt du candidat François Fillon, caractérisant ainsi l’infraction de détournement de fonds publics par le député. »

« Cependant, compte-tenu de la durée d’emploi litigieuse de Maël Renouard (contrat de 2 ans à mi-temps) et de l’incertitude entourant à cette époque les conditions de recours à un assistant parlementaire pour écrire un ouvrage de campagne nationale, il est apparu proportionné de procéder à un classement-régularisation de cette procédure », a précisé le ministère public financier.

« Ce classement sans suite est conditionné au remboursement par M. Fillon du salaire et des cotisations sociales correspondant à cette période d’emploi au profit de l’Assemblée nationale », ajoute le PNF.

Me Lévy a précisé que M. Fillon a fait un premier versement sur trois prévus et souligné que « si Maël Renouard a bien travaillé sur la rédaction du livre, l’enquête a établi que François Fillon en est l’auteur ».

L’enquête comportait aussi un autre volet visant deux proches de François Fillon, l’ancien député Jérôme Chartier et Caroline Morard, qui a travaillé pour les deux hommes.

Selon le Parquet financier, « les investigations ont permis de confirmer l’existence d’un travail effectif de Caroline Morard » auprès de Jérôme Chartier « et que cet emploi n’avait pas été détourné au profit de la campagne des primaires (de la droite) de 2016 » de François Fillon.

La cour d’appel de Paris doit réexaminer le 29 avril 2025 les sanctions infligées à François Fillon, condamné dans l’affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope.

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Agence France-Presse

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