En Allemagne, le partenariat de Rheinmetall avec l’américain Anduril suscite la controverse

Mardi 28 octobre 2025

L’accord entre les deux groupes pour fabriquer des drones relance le débat sur la souveraineté européenne. La dépendance technologique du champion allemand de l’armement envers les États-Unis divise économistes et experts de la défense.

Par Cécile Boutelet (Berlin, correspondance) Publié aujourd’hui à 09h45, modifié à 10h28

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Faut-il imposer aux géants européens de l’industrie d’armement des clauses plus strictes en matière de souveraineté ? C’est la question qui se pose depuis que Rheinmetall, champion européen des chars et des munitions, a conclu un partenariat stratégique avec l’américain Anduril Industries au mois de juin 2025, pour fabriquer des drones autonomes. Les deux sociétés ont annoncé qu’elles allaient développer conjointement des variantes européennes des drones aériens Barracuda et Fury d’Anduril, et explorer les possibilités de construire des moteurs à propergol solide, utilisés pour propulser des missiles et des fusées.

Le deal a suscité plusieurs réactions critiques. Anduril, fondée en 2017, a reçu des financements de Peter Thiel, milliardaire libertarien controversé pour ses critiques contre la démocratie, qui a beaucoup investi dans les technologies de défense et de sécurité comme Palantir Technologies, une société spécialisée dans l’analyse de données de masse, qu’il a cofondée. Le partenariat Rheinmetall-Anduril, même enveloppé de garanties de « souveraineté » assurées par les deux intéressés, peut-il poser des problèmes éthiques ? Sans parler des risques pour la sécurité européenne, en cas de désaccord avec les Etats-Unis. Lire la suite.

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