Par Philippe Coste correspondance à New York Publié aujourd’hui à 12h51
On l’avait vu inculper ses ennemis politiques, traîner en justice les journaux et les banques et utiliser sa toute-puissance de président pour encaisser, sur simple menace de poursuites ou de sévices réglementaires, des millions de dollars de chaînes de télévision dissidentes. Aujourd’hui, Donald Trump pousse au paroxysme sa hargne procédurière, son avidité et sa frénésie d’abus de pouvoir en intentant un procès à l’Etat fédéral, celui-là même qu’il dirige à nouveau depuis plus d’un an.
Le 29 janvier dernier, le Président en personne et ses deux fils Eric et Donald Jr., en tant que cogérants de son entreprise immobilière Trump Organization, ont déposé une plainte devant un tribunal civil fédéral de Floride. Ils réclamant au fisc américain, l’Internal Revenue Service (IRS), la somme de 10 milliards de dollars (environ 8,6 millions d’euros) de dommages et intérêts pour avoir contribué à la divulgation de sa déclaration d’impôts dans la presse près de six ans plus tôt, en 2020, à la fin de son premier mandat à la Maison Blanche.
Bas-fonds mafieux
Ce coup de force délirant – un cocktail de conflit d’intérêts et de racket du contribuable concocté juste un an après son retour au pouvoir – avait été presque occulté par la guerre contre l’Iran et le torrent d’outrances paranoïaques déversées chaque nuit sur son réseau social. Seuls quelques professeurs de droit triturent encore comme un exercice théorique cette nouvelle clownerie d’autocrate qui confirmerait l’explosion des institutions, l’enterrement final de l’indépendance du pouvoir judiciaire, et légaliserait le pillage des caisses de l’Etat. Lire la suite.