Par Raphaëlle Bacqué (San Francisco, envoyée spéciale), Damien Leloup et Alexandre Piquard Publié hier à 19h52, modifié à 02h49 Temps de Lecture 15 min.
Extraits de l’article :
Idées inquiétantes
Un autre personnage a joué un rôle non négligeable auprès de Mark Zuckerberg : Peter Thiel. Curieusement, lui ne figure pas parmi les invités les plus en vue du Capitole. Il a préféré rester en retrait, bien qu’il soit un soutien trumpiste de la première heure. A 57 ans, Thiel est lui aussi milliardaire et puissant, depuis qu’il a cofondé PayPal, ce système de paiement électronique sur le Web, puis Palantir. C’est un gros investisseur, de ceux qui repèrent les futurs rois de la tech, comme il l’a fait avec Zuckerberg en lui prêtant, à ses débuts, son premier demi-million de dollars pour l’aider à fonder Facebook. Jamais il n’a froncé le nez devant les républicains.
Dès les années 1990, il menait déjà une croisade contre « le multiculturalisme, la diversité et le politiquement correct ». C’est un néoréactionnaire farouche d’un genre particulier : misogyne – il est contre le droit de vote des femmes –, homosexuel affiché et donateur à la cause LGBT, élitiste et prônant le remplacement de la démocratie par un système oligarchique où la gouvernance serait assurée par des entrepreneurs. Dès 2016, il était l’une des rares figures de la tech à avoir pris position en faveur de Donald Trump. Dans la Silicon Valley, il a curieusement toujours été respecté, malgré ses idées inquiétantes. Avant Dana White, Zuckerberg l’avait nommé dans son conseil d’administration. Lire la suite.