Franklin Foer Publié le 31 janvier 2024 à 11:01. / Modifié le 01 février 2024 à 09:16.
[…] Dix jours avant son entrée en fonction, Trump a tenu une conférence de presse devant d’imposantes piles de dossiers destinées à suggérer qu’une analyse juridique rigoureuse avait été menée. Là, il a annoncé qu’il ne se départirait pas de ses intérêts commerciaux. Ainsi est-il est devenu le premier président américain moderne à bénéficier d’un vaste réseau d’entreprises dans le monde entier, et avec son nom en lettres d’or s’il vous plaît.
Comme un lent pourrissement
Tout cela ne s’est pas produit du jour au lendemain. Les premiers temps de la présidence ont permis de tester les limites. Trump s’est d’abord servi de ses hautes fonctions pour exploiter sans vergogne son empire immobilier. Lors des visites officielles du président ou de sa famille, il n’a pas hésité à facturer des sommes exorbitantes aux services secrets pour l’hébergement d’agents en mission – jusqu’à 1185 dollars la nuit au Trump International Hotel de Washington, d’après le comité de surveillance de la Chambre des représentants.
Lorsque Trump et ses fidèles ont quitté la Maison-Blanche, ils avaient réussi à effacer à peu près toute réticence vis-à-vis de ces pratiques, tant au sein du Parti républicain que de la société en général. Et ils ont profité de leur séjour à la tête de l’Etat pour se fabriquer un véritable petit manuel du spécialiste en corruption, trafic d’influence et prise illégale d’intérêt.
Ce savoir-faire, ce sens de l’impunité, ce talent pour ne jamais oublier de se remplir les poches, tout cela ne manquera pas de servir en cas de retour de Trump à la Maison-Blanche. Lire la suite.