Au procès Lafarge, les avocats des parties civiles atomisent l’éthique de l’entreprise

Dimanche 14 décembre 2025

L’écrivain suit, pour l’Humanité, le procès de la multinationale et de ses ex-cadres, qui comparaissent notamment pour financement du terrorisme. Dans cette huitième chronique, il revient sur les brillantes plaidoiries délivrées, vendredi 12 décembre, par les jeunes défenseurs des ex-salariés syriens et des associations de défense des droits humains.

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Le procès Lafarge vu par Laurent Binet (8 épisodes)

5min Publié le 13 décembre 2025 Laurent Binet

Ils sont jeunes, brillants, motivés. Vendredi matin, c’étaient les plaidoiries des avocats des parties civiles. Trois heures à retourner les arguments de la défense comme des gants. Le capital aime se raconter des histoires. Il y aurait une éthique du capitalisme. Si c’était vrai, après ces plaidoiries, il n’en resterait plus grand chose.

C’est Elise Le Gall, avocate des anciens salariés syriens, qui pose la question : « Au nom de quel principe ceux qui ont assumé de leurs mains la réussite d’un fleuron industriel devraient-ils être traités comme de la main d’œuvre de seconde zone ? » En 2012, les expatriés avaient été évacués, mais les Syriens ont continué à venir travailler au péril de leur vie jusqu’à la prise de l’usine par Daech en septembre 2014. Livrés à eux-mêmes, ils ont dû fuir… Lire la suite.

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