6 Juillet 2024, La Paz. Un groupe de sept « spécialistes russes » est dépêché dans la capitale bolivienne pour secourir Luis Arce. Le président, affaibli par une tentative de coup d’Etat trois semaines plus tôt, est accusé par une partie de la population de l’avoir lui-même manigancé pour remobiliser son électorat.
En quelques jours, un « QG anti-crise » est mis sur pied par les agents russes, suivi d’un groupe de travail au sein même du Ministère de la Communication. Les émissaires devront repenser la communication de la présidence, jugée « inefficace ». À coup d’enquêtes d’opinion, d’éléments de langages « positifs » disséminés dans la presse et d’un « programme pour corriger les discours publics de Luis Arce et de son vice-président », le commando déroule son plan d’action, allant jusqu’à échafauder plusieurs campagnes de dénigrement contre Evo Morales, le prédécesseur du chef d’État devenu membre de l’opposition. Les « spécialistes » ne s’arrêtent pas là. Afin « d’étendre le réseau », ils décident de la création « d’un bureau (…) dans le pays “B” » : des locaux pour 15-20 employés, la commande de 40 téléphones, 20 ordinateurs, 80 cartes Sim, et la possibilité d’engager des employés locaux. Lire la suite.