Sergey Toni, ce riche propriétaire russe dans le viseur de la justice française

Lundi 5 décembre 2022

Monde

Sergey Toni, ce riche propriétaire russe dans le viseur de la justice française

Par David Bensoussan le 02.12.2022 à 07h30

EXCLUSIF- Dans son enquête sur les biens des oligarques en France, le parquet de Paris s’intéresse à Sergey Toni, fils d’un cadre dirigeant des chemins de fer russes, propriétaire notamment d’un château en Seine-et-Marne.

C’est une folie néogothique du 19e siècle, d’une superficie de 900 mètres carrés et 19 pièces, située à 80 kilomètres de Paris, en Seine-et-Marne. Le château de Montapot est la propriété d’un jeune trentenaire russe Sergey Toni. Son père Oleg, un cadre dirigeant des chemins de fer (RZD), ne figure pas sur la liste des personnalités sanctionnées par l’Europe suite à la guerre en Ukraine. Mais, selon nos informations, Sergey apparaît, aux côtés d’oligarques connus, comme Guennadi Timtchenko, parmi les cibles de la justice française. Depuis une plainte de l’association Transparency International « contre X pour blanchiment, non justification de ressources, recel et complicité », la Junalco, la division spécialisée du parquet de Paris, chargée de la criminalité organisée, mène l’enquête sur l’origine de certains biens immobiliers détenus dans l’Hexagone.

Originaire de Voronej, dans l’Ouest de la Russie, ingénieur civil de formation, Oleg Toni a démarré sa carrière dans le BTP, devenant dirigeant et actionnaire de la Baltic construction company. Il a ensuite rejoint, en 2004, le géant RZD, premier employeur de Russie (830.000 salariés), alors dirigé par le très influent Vladimir Iakounine. Rapidement promu vice-président en charge de la construction des infrastructures, il a notamment supervisé les travaux pour l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi en 2014. Dans son livre "The Treacherous Path : An Insider’s Account of Modern Russia”, Iakounine lui rend brièvement hommage. Et il a fait partie des dirigeants d’entreprises décorés par Vladimir Poutine à l’occasion des JO. Si Iakounine a quitté son poste en 2015, Oleg Toni est, lui, toujours directeur général adjoint de RZD, en charge des lignes à grande vitesse et des hubs de Moscou et Saint-Pétersbourg. Lire et écouter la suite.

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