Par Maria Malagardis Publié aujourd’hui à 10h24
Agathe Habyarimana bénéficiera-t-elle, ce mercredi 8 avril, lors d’une ultime audience devant la cour d’appel de Paris, d’un non-lieu, consacrant la clôture d’une longue instruction judiciaire entamée en 2007 ? Les accusations qui visent l’ex-première dame du Rwanda, aujourd’hui âgée de 84 ans, sont d’une gravité exceptionnelle. Et lui ont déjà valu d’être jugée indésirable sur le sol français.
Elle est, en effet, soupçonnée d’avoir « participé en tant qu’instigatrice ou complice au crime de génocide », comme le rappelait le 15 février 2007 la Commission de recours des réfugiés (CRR), qui l’a déboutée ce jour-là du droit d’asile, décision confirmée pour les mêmes raisons, deux ans plus tard, par le Conseil d’Etat. En 2013, la préfecture de l’Essonne lui refusera, à l’issue d’un long bras de fer administratif, un titre de séjour « au nom du regroupement familial », invoquant que sa présence en France « constitue une menace pour l’ordre public ».
Privée de tout statut légal, elle ne sera pourtant jamais expulsée de France, où l’administration a également considéré comme « fondée » « l’existence de craintes personnelles […] en cas de retour dans son pays d’origine ». Car au Rwanda, l’ex-rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) détient pouvoir depuis plus de trente ans, après avoir arrêté en 1994 le génocide des Tutsis du Rwanda, dont Agathe Habyarimana est soupçonnée d’avoir été l’une des instigatrices. Les autorités rwandaises de l’après-génocide ont émis en 2009 un mandat d’arrêt international réclamant son extradition, jamais suivi d’effet. Restait donc à la justice française à la juger, au nom de la compétence universelle, à la suite d’une plainte déposée par une association de parties civiles, en 2007. Lire la suite