Marc Endeweld janv. 28, 2026
Cela reste l’un des principaux mystères de l’affaire Benalla : la disparition dans des circonstances rocambolesques du coffre-fort personnel de l’ancien chargé de mission de l’Élysée quelques temps avant une perquisition des policiers à son domicile. On est le 20 juillet 2018, à 20h10, les policiers de la BRDP (Brigade de la Répression de la Délinquance à la Personne) montent au premier étage d’une résidence non loin des bords de Seine à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), banlieue bourgeoise de l’Ouest parisien. Ils sont accompagnés d’Alexandre Benalla qu’ils ont mis en garde-à-vue depuis le matin. Mais ce dernier n’a pas les clés de son appartement et refuse d’aider les enquêteurs pour entrer en relation avec sa femme. Sur place, ces derniers sont incapables de trouver un bélier suffisamment puissant pour enfoncer la porte (celle-ci serait équipée d’un dispositif de sécurité particulier), et ne jugent pas utile d’attendre un serrurier. Après 45 minutes d’attente, ils reçoivent l’ordre de poser des scellés sur la porte et de revenir le lendemain matin.
[…] Ce 19 juillet, Chaker va mettre à l’abri des journalistes la compagne d’alors de Benalla, Myriam B., et leur bébé, dans un appartement de la chic avenue Foch, dans le 16e arrondissement, appartenant à une discrète femme d’affaires, Pascale Jeannin-Perez, qui fréquente de nombreux responsables politiques, tant Dominique de Villepin que Gabriel Attal ou Stéphane Séjourné. Vivant principalement entre Genève, Londres et Dubaï, Jeannin-Perez travaille comme intermédiaire pour des sociétés en Afrique et dans le Golfe, après avoir longtemps été une cadre dirigeante du groupe Derichebourg, spécialisé dans la collecte des déchets.
Bien en amont de la campagne de 2017, cette proche d’Alexandre Djouhri a également su devenir une amie du couple Macron. Le 14 juillet, quatre jours avant l’article du Monde sur Benalla, Pascale Jeannin-Perez se trouve à l’Élysée en compagnie de son ami Tom Cruise, alors en visite à Paris. Ce jour de fête nationale, ces deux-là ont droit à une visite privée du palais aux côtés du président Macron, de son épouse Brigitte et d’Alexandre Benalla. Quelques jours plus tard, la femme d’affaires explique au Monde avoir aidé le couple Benalla par « humanité » et dément formellement à Libération tout lien avec le coffre-fort : « J’ai accepté d’organiser le logement de la compagne de M. Benalla et de leur bébé en juillet pour environ huit jours. Mais je n’ai jamais été impliquée ou informée du mystère du soi-disant coffre. » Lire la suite.