Agence France-Presse 18 novembre 2025 à 15h28
Une trentaine de domiciles et sociétés en France ont été perquisitionnés mardi dans le cadre de l’enquête franco-portugaise sur des soupçons de corruption au détriment du groupe Altice, a annoncé le procureur de la République financier Jean-François Bohnert.
Sollicité par l’AFP, Altice n’a pas souhaité commenter.
« Cette action coordonnée visait à récupérer des éléments de preuve utiles à la poursuite des investigations », a souligné le patron du Parquet national financier (PNF) dans un communiqué, précisant que « plus de 14 millions d’euros » avaient été saisis sur des comptes bancaires, « ainsi que des véhicules et objets de luxe ».
Le PNF avait ouvert en septembre 2023 le volet français de cette enquête « sur un vaste système corruptif pour des faits qualifiés notamment de corruption privée, d’escroquerie en bande organisée et de blanchiment en bande organisée, au détriment du groupe Altice », maison-mère de SFR.
« Ce dispositif complexe s’appuierait sur un réseau de sociétés écrans interposées entre Altice et certains fournisseurs, ayant permis la surfacturation de prestations et de biens. Les fonds ainsi obtenus auraient ensuite alimenté des mécanismes de blanchiment impliquant des structures basées en France et à l’étranger, au profit des principaux instigateurs de ce système », a-t-il ajouté, confirmant une information du Monde.
Dans le détail, « plusieurs perquisitions ont été effectuées simultanément visant 15 domiciles et 14 sociétés situés en Île-de-France, en Corse, dans le Var et dans les Vosges », a précisé le PNF. Plus de 70 enquêteurs ont été mobilisés.
L’enquête française, confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) de la Direction nationale de la police judiciaire, avait été ouverte deux mois après l’arrestation par les autorités portugaises d’Armando Pereira, bras droit de l’homme d’affaires français Patrick Drahi, premier actionnaire d’Altice France.
La vague de perquisitions de mardi s’est déroulée « avec le soutien de l’agence Eurojust, dans le cadre de la coopération judiciaire européenne, grâce à une équipe commune d’enquête mise en place entre les autorités françaises et celles du Portugal », a précisé le PNF.
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