Agence France-Presse 30 mars 2023 à 15h28
L’Ukraine, « État requérant, est placé en situation de guerre » : « il n’est donc aujourd’hui pas en mesure de garantir que Kostiantin Jevago sera jugé par un tribunal garantissant les libertés fondamentales », a estimé la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Chambéry (sud-est de la France), qui s’est opposée à la demande d’extradition « pour infractions financières » des autorités ukrainiennes.
Fondateur de l’entreprise minière Ferrexpo, M. Jevago avait été interpellé le 28 décembre à Courchevel, dans les Alpes françaises, et placé sous contrôle judiciaire. Il est accusé d’avoir détourné 113 millions de dollars de sa banque, la Finance and Credit Bank, qui a fait faillite en 2015.
L’un des trois avocats de M. Jevago a salué une décision « de bon sens » après ce délibéré : ce « n’est pas la victoire d’un camp ou d’un autre, mais l’application mécanique et automatique du droit », a estimé Me François Zimeray.
Vêtu d’un jean et d’un polo vert, le milliardaire ukrainien, semblant détendu, s’est également dit « satisfait » de la décision, renouvelant notamment sa confiance en la justice française.
Le 16 mars dernier, le parquet général de Chambéry s’était dit favorable à son extradition. Il a désormais un délai de cinq jours francs pour former un pourvoi en cassation.
A l’audience, l’avocat général Richard Pallain avait souligné qu’une « partie de l’Ukraine » ne se trouvait pas en situation de « conflit d’intensité », ce qui « permettrait » de renvoyer M. Jevago dans son pays.
Les avocats de l’ancien député avaient mis en avant les risques encourus par leur client en cas d’extradition dans un pays « classé écarlate » par le ministère français des Affaires étrangères sur « tout son territoire ».
En tant que député - de 1998 à 2019 - , Kostiantin Jevago avait siégé tantôt en tant qu’indépendant, tantôt dans le camp de l’ancienne Première ministre Ioulia Timochenko.
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