Entreprises : « La holding est devenue un pivot de l’accumulation contemporaine »
Quentin Belot Couloumies Maître de conférences en sciences de gestion
Publié aujourd’hui à 10h00 Temps de Lecture 3 min.
[…] Début 2024, 10 % des ménages détiennent plus de 858 000 euros de patrimoine brut. Mais, au-delà des montants, c’est la composition qui importe : plus le patrimoine est élevé, plus il est constitué d’actifs financiers et de titres de propriété, c’est-à-dire de droits sur l’économie. Le 1 % le plus riche détiendrait 36 % du patrimoine financier français, d’après [l’association] Oxfam. Cette concentration apparaît clairement dans le classement des 500 premières fortunes françaises : on n’y trouve ni footballeurs ni chirurgiens, mais presque exclusivement des actionnaires de groupes industriels et financiers.
Le revers de la médaille
Depuis plusieurs décennies, cette transformation passe par la multiplication de holdings. Ces sociétés ne produisent rien directement ; leur raison d’être réside dans la détention de participations dans d’autres entreprises, souvent organisées en ensembles imbriqués, peu lisibles de l’extérieur. Loin d’être un détail technique, la holding est devenue un pivot de l’accumulation contemporaine : elle permet de dissocier l’activité productive de la propriété du capital, logée dans des structures spécifiques, faiblement exposées, juridiquement protégées et fiscalement Lire la suite.