Comment la lointaine Gambie s’est retrouvée en première ligne du combat pour la défense des Rohingya de Birmanie

Jeudi 22 janvier 2026

Le petit pays d’Afrique de l’Ouest a été à l’origine, en 2019, de la procédure pour « génocide » visant la Birmanie, qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Un précédent qui a permis à l’Afrique du Sud de demander un procès contre Israël.

Par Jules Crétois (Banjul, envoyé spécial) Publié hier à 18h00, modifié à 09h16

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« L’armée birmane a délibérément ciblé la minorité rohingya dans le but de la détruire. » Les mots sont prononcés, le 12 janvier, par l’avocat général et ministre de la justice de la Gambie, Dawda Jallow, en ouverture des audiences devant la Cour internationale de justice de La Haye, aux Pays-Bas, où la Birmanie est accusée d’avoir violé la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide en visant la minorité rohingya.

Point méconnu et étonnant de l’affaire : c’est bien la Gambie, petit Etat d’Afrique de l’Ouest, qui a saisi la plus haute cour onusienne contre la Birmanie, dès le 11 novembre 2019. « Quand on me demande : “Pourquoi la Gambie ?”, j’aime répondre : “Et pourquoi pas ?” », s’amuse le juriste gambien Abubacarr Tambadou, 53 ans, greffier aux Nations unies et à l’origine de cette initiative.

Il faut remonter à 2018, s’emparer de la biographie de M. Tambadou et s’attarder un peu sur la vie politique gambienne pour comprendre la volonté de Banjul de s’emparer d’un dossier bien éloigné de ses frontières. Après la chute du dictateur Yahya Jammeh (1994-2017), M. Tambadou rentre dans son pays pour être nommé ministre de la justice.

Son curriculum vitae est éloquent. Il a été une cheville ouvrière du Tribunal pénal international pour le Rwanda dans les années 2000, où il a notamment assuré les condamnations de deux acteurs du génocide des Tutsi : Théoneste Bagosora et Augustin Bizimungu. Lire la suite.

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