Matières premières
Vitol, un colosse discret sous le feu des projecteurs
Le premier négociant privé de pétrole du monde a payé 135 millions de dollars pour que la justice américaine classe une procédure à son encontre. Le manque de transparence du Genevois et les casseroles qu’il accumule suscitent le malaise dans le secteur
Richard Etienne Publié dimanche 31 janvier 2021 à 22:20 Modifié lundi 1 février 2021 à 09:33
[…] Le premier négociant privé du monde et la principale entreprise de Suisse en termes de chiffre d’affaires (225 milliards de dollars en 2019*). La plus grande firme dont vous n’avez jamais entendu parler, selon The Guardian. Une maison qui évolue dans l’ombre là où ses concurrents, Trafigura, Glencore ou Total, ont opté pour plus de transparence. L’actualité autour de Vitol, qui négocie 7% du pétrole mondial, est pourtant dense, autant que les hydrocarbures qu’il commercialise et transporte à travers les océans.
Si riche que la date du 3 décembre 2020 pourrait à jamais marquer son histoire. Ce jour-là, la justice américaine annonce que la multinationale genevoise déboursera 135 millions de dollars pour que soit classée une affaire de corruption aussi vaste que récente.
Pots-de-vin jusqu’en juillet 2020
On apprend que l’entreprise a payé ces quinze dernières années, et jusqu’en juillet 2020, des millions de dollars de pots-de-vin, au Brésil, en Equateur et au Mexique, pour obtenir des contrats ou des informations. Qu’un éventail de sociétés écrans, d’intermédiaires, de comptes offshore et de noms de code – des intermédiaires se faisaient appeler « Phil Collins » et « Batman » – a été constitué pour cacher ces opérations. A propos du scandale Petrobras, qui implique aussi Trafigura et Glencore, un complice repenti évoque « un MBA en corruption ». Lire la suite.