Entretien

« Terrorisme d’ultradroite » sur Arte : « L’erreur que nos sociétés ont commise, c’est de sous-estimer l’extrême droite »

Samedi 21 février 2026

La justice est frileuse, les médias mainstream s’en désintéressent. Pourtant, après le djihadisme, le deuxième réseau terroriste, en France, en Allemagne, comme dans le reste du monde, vient de l’extrême droite. Raphaël Tresanini et Jean-Pierre Canet ont mené une enquête, alarmante, sur ces réseaux de terrorisme qu’ils qualifient « de basse intensité ».

Médias 8min Publié le 20 février 2026 Caroline Constant

Comment vous êtes-vous lancés dans cette aventure ?

Raphaël Tresanini

Notre point de départ, c’est une interrogation  : comment expliquons-nous qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, qui sont plus ouvertes sur le papier qu’il y a vingt ou trente ans, où on a appris à vivre ensemble, où, à certains égards, le multiculturalisme existe de fait, des gens, qu’ils soient jeunes ou seniors, passent à l’acte ? D’autant que ce mouvement est européen et mondial.

Évidemment, tout ça ne vient pas de nulle part. À partir de quand la rhétorique se transforme-t-elle en acte violent ? Avec Jean-Pierre, nous pensions que, si les fachos prenaient la parole, ça calmerait les esprits. Et il se passe exactement le contraire : plus on a des propos racistes, antisémites, et plus ça fait monter la violence de société.

Jean-Pierre Canet

Nous avions deux obsessions en enquêtant : d’abord celle de montrer qu’il existe un terrorisme de basse intensité, selon notre petite expression personnelle. On a validé cette hypothèse avec des chercheurs. On veut savoir d’où vient le méchant, et cette montée en puissance. L’AfD, c’est un cas d’école : quand un de leurs leaders balance qu’il faut renvoyer tous les immigrés chez eux, en assumant la « remigration », ça peut précipiter le passage à l’acte dans la tête d’un petit terroriste. Mais comment le prouver ?… Lire la suite.

Visionner les deux épisodes sur Arte.

Revenir en haut