Médias 8min Publié le 20 février 2026 Caroline Constant
Comment vous êtes-vous lancés dans cette aventure ?
Raphaël Tresanini
Notre point de départ, c’est une interrogation : comment expliquons-nous qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, qui sont plus ouvertes sur le papier qu’il y a vingt ou trente ans, où on a appris à vivre ensemble, où, à certains égards, le multiculturalisme existe de fait, des gens, qu’ils soient jeunes ou seniors, passent à l’acte ? D’autant que ce mouvement est européen et mondial.
Évidemment, tout ça ne vient pas de nulle part. À partir de quand la rhétorique se transforme-t-elle en acte violent ? Avec Jean-Pierre, nous pensions que, si les fachos prenaient la parole, ça calmerait les esprits. Et il se passe exactement le contraire : plus on a des propos racistes, antisémites, et plus ça fait monter la violence de société.
Jean-Pierre Canet
Nous avions deux obsessions en enquêtant : d’abord celle de montrer qu’il existe un terrorisme de basse intensité, selon notre petite expression personnelle. On a validé cette hypothèse avec des chercheurs. On veut savoir d’où vient le méchant, et cette montée en puissance. L’AfD, c’est un cas d’école : quand un de leurs leaders balance qu’il faut renvoyer tous les immigrés chez eux, en assumant la « remigration », ça peut précipiter le passage à l’acte dans la tête d’un petit terroriste. Mais comment le prouver ?… Lire la suite.