Entretien

Romaric Godin et Marlène Benquet : « De plus en plus de secteurs de la finance trouvent un intérêt économique à des régimes d’extrême droite »

Vendredi 29 mai 2026

« Libération » a réuni Marlène Benquet, sociologue au CNRS, et Romaric Godin, journaliste à « Mediapart », pour une rencontre sur les mutations du capitalisme. Tous deux analysent un virage autoritaire dans lequel « la paix armée » et la démocratie ne font plus partie de l’équation.

Par Nicolas Celnik Publié aujourd’hui à 6h11

Vous n’étiez pas fan du néolibéralisme ? Bonne nouvelle, il touche peut-être à sa fin. Mauvaise nouvelle : vous n’apprécierez probablement pas plus son successeur, le « libertarianisme autoritaire » ou le « capitalisme d’état d’urgence », propulsé par des acteurs qui trouvent le néolibéralisme trop social. Ces mutations de l’économie sont analysées dans deux essais stimulants et complémentaires.

Dans le Problème à trois corps du capitalisme (la Découverte), le journaliste économique à Mediapart Romaric Godin démontre que le capitalisme est dans une triple impasse, économique, sociale, et environnementale − des limites matérielles, structurelles, que les nouvelles promesses d’innovation ne parviennent pas à résoudre.

Dans la Finance aux extrêmes (la Découverte), la sociologue au CNRS Marlène Benquet livre le fruit d’une longue enquête sur un acteur méconnu, celui de la « seconde finance », qui gère l’argent collecté par les acteurs de la première finance. Prenant conscience que le capitalisme ne trouve plus de nouvelles perspectives nationalistes, et opposées à la démocratie. Lire la suite.

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