Hervé Nathan, le 1 août 2026 6 min
Entretien avec Hervé Joly Historien
Dans les précédents volets, nous avons présenté comment, dans les années 1930 ou à notre époque, certains patrons, souvent emblématiques des branches à la pointe de la technologie, ont adhéré aux idéologies d’extrême droite, ont côtoyé leurs représentants politiques, voire les ont financés.
Mais qu’en est-il des organisations qui assurent la représentation collective des chefs d’entreprise ? La réponse est moins simple, selon l’historien Hervé Joly, directeur de recherche CNRS au laboratoire Triangle de Lyon et codirecteur, avec Philipp Müller, de l’ouvrage Les espaces d’interaction des élites françaises et allemandes, 1920-1950 (Presses universitaires de Rennes, 2021).
Lorsque le Medef a reçu pour la première fois un leader du Rassemblement national, nombreux sont les citoyens qui ont pensé : « Nous revoici comme dans les années 1930 », lorsque le patronat s’exclamait : « Plutôt Hitler que le Front populaire »… Aujourd’hui, les patrons préféreraient l’extrême droite au pouvoir plutôt qu’un gouvernement de gauche. Ce parallèle vous semble-t-il pertinent ?
Hervé Joly : Le fait de rencontrer le Rassemblement national ne veut pas dire que le Medef soutient ce parti. Ces rencontres avec les partis, avant les échéances électorales, sont habituelles, y compris avec des partis de gauche. Comme malheureusement le RN semble plus proche du pouvoir que jamais, il n’est pas étonnant qu’une organisation patronale cherche à savoir ce qu’il a « dans le ventre ». Ce peut être le cas d’autres corporations dans les mois qui viennent… Lire la suite.