Agence France-Presse 24 janvier 2025 à 13h13
Yorgen Fenech, un homme d’affaires accusé de complicité dans le meurtre de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, a été libéré sous caution vendredi, a-t-on appris de source judiciaire.
Daphne Caruana Galizia, l’une des plus journalistes les plus renommées de Malte, avait été assassinée dans un attentat à la voiture piégée près de son domicile le 16 octobre 2017.
M. Fenech, 43 ans, soupçonné d’avoir commandité le meurtre, avait été arrêté il y a plus de cinq ans dans le cadre de l’enquête.
Deux tueurs ont été reconnus coupables du meurtre et condamnés à 40 ans de réclusion, tandis qu’un troisième a reçu une peine réduite à 15 ans d’emprisonnement en échange de son témoignage.
M. Fenech a toujours nié toute implication et aucune date n’a été fixée pour son procès.
Il devra respecter de strictes conditions, notamment la remise de tous ses documents de voyage et d’identité. Un policier sera posté à l’extérieur de la maison, où il résidera en permanence et qu’il ne pourra pas quitter entre 17H00 et 11H00.
Sur son profil Facebook, Matthew, le fils de Daphne Caruana Galizia, a déclaré que le Premier ministre et le ministre de la Justice étaient responsables de la lenteur des procédures judiciaires, les accusant de n’avoir « rien fait » pour y remédier.
La Fondation Daphne Caruana Galizia a déploré pour sa part dans un communiqué que « l’État maltais n’a pas réussi à protéger la vie de Daphne, et même après sa mort il ne lui rend pas justice ».
« Près de huit ans plus tard, justice n’a toujours pas été rendue pour le meurtre de Daphne. La bombe qui a tué Daphne était un avertissement : le système judiciaire ne répond pas aux attentes des victimes du crime organisé », a dénoncé la Fondation.
La mort de la bloggeuse avait fortement secoué le plus petit Etat de l’Union européenne et horrifié ses voisins, entraînant notamment la démission en janvier 2020 du Premier ministre Joseph Muscat, accusé de tenter de couvrir ses amis et alliés politiques éclaboussés par ce meurtre.
La journaliste, qui dénonçait dans son blog Running Commentary la corruption endémique dans ce petit archipel méditerranéen, avait été tuée près de son domicile quelques heures seulement après avoir posté ce message : « Il y a des corrompus partout. La situation est désespérée ».
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