Par Sascha Garcia•Reuters Publié aujourd’hui à 9h56
Une implication « beaucoup plus importante qu’on ne le pensait ». L’avocat Neil Barofsky, qui mène une enquête indépendante sur l’histoire du Crédit suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, a découvert que les relations entre la banque et l’Allemagne nazie avaient été largement sous-estimées et, surtout, dissimulées. Dans une déclaration écrite de 75 pages, le juriste affirme avoir découvert près de 900 comptes liés à des membres du parti nazi pendant la guerre. Il aurait également trouvé des preuves laissant penser que le Crédit suisse a aidé ces fonctionnaires allemands en fuite à se réinstaller en Argentine après leur défaite face aux Alliés.
[…] Ce n’est pas la première fois que le Crédit suisse est sous le coup d’une enquête en raison de son sombre passé. Déjà, dans la seconde moitié du XXe siècle, la banque helvétique est accusée d’avoir permis aux nazis de piller les biens des familles juives. La Suisse a systématiquement rejeté ces incriminations, affirmant n’avoir aucune trace de quelconque compte ou avoirs. Un accord à l’amiable est tout de même conclu dans les années 90 après la découverte de 14 clients susceptibles d’avoir été des nazis : le Crédit suisse accepte de verser 1,25 milliard aux survivants de l’Holocauste. Mais le Centre Simon-Wiesenthal est persuadé que la banque n’a pas été pleinement transparente et demande l’ouverture d’une nouvelle enquête.
Résultat, ce ne sont pas 14, mais bien 890 comptes bancaires qui sont soupçonnés d’avoir appartenu au régime nazi. L’enquête de l’avocat a permis de mettre en évidence que les relations bancaires du Crédit Suisse avec la Schutzstaffel (SS) étaient plus intimes qu’on ne le pensait – le bras économique de la SS détenait un compte auprès de la banque. Pire : des documents exhumés par Neil Barofsky prouvent que le Crédit suisse avait découvert et répertorié certains de ces comptes dans les années 90 sans en informer les enquêteurs. Lire la suite.