Agence France-Presse 23 juin 2026 à 13h56
L’ancien ministre de la justice Éric Dupond-Moretti va faire appel de sa condamnation à une amende avec sursis pour avoir diffamé un magistrat dans un livre, a annoncé mardi 23 juin sa défense à l’AFP.
Éric Dupond-Moretti « interjette évidemment appel » de cette condamnation, pour, dans son ouvrage J’ai dit oui ! (éditions Michel Lafon, février 2025), avoir accusé Édouard Levrault, ancien juge d’instruction détaché à Monaco, de n’avoir pas respecté le secret de l’instruction dans un dossier où lui-même était intervenu en tant qu’avocat, selon un communiqué de son avocate, Jacqueline Laffont.
L’ancien garde des Sceaux « conteste fermement la motivation » du jugement du tribunal correctionnel de Paris, selon Me Laffont, qui relève que son client a été relaxé sur une deuxième citation directe d’Édouard Levrault. Le magistrat s’estimait également diffamé dans un autre ouvrage d’Éric Dupond-Moretti.
Le tribunal a condamné l’ancien ministre à 500 euros d’amende avec sursis, peine assortie de 4 000 euros de dommages-intérêts, solidairement avec son éditeur Michel Lafon. L’appel d’Éric Dupond-Moretti, de nouveau présumé innocent, suspend l’exécution de sa peine.
Levrault mis hors de cause par le CSM
Édouard Levrault, qui avait dénoncé à la barre en avril « la malveillance » et « la hargne fielleuse d’Éric Dupond-Moretti », n’a pas obtenu sa condamnation pour des propos similaires aux écrits de J’ai dit oui !, tenus lors du seul-en-scène homonyme joué l’an dernier à Paris par l’ancien responsable politique.
Le conflit entre les deux hommes remonte à une affaire mettant en cause un commissaire de police monégasque, alors défendu par l’avocat Dupond-Moretti et instruite par le juge Levrault.
Après avoir quitté le Rocher mais alors que l’enquête restait en cours, le magistrat avait évoqué le dossier lors d’une émission de France 3 : une atteinte au secret de l’instruction pour Éric Dupond-Moretti, qui avait exigé des sanctions disciplinaires quand il avait été nommé Place Vendôme.
Mais l’Inspection générale de la justice avait estimé qu’Édouard Levrault n’avait « pas commis de violation du secret professionnel ou du secret de l’instruction » et le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) l’avait mis hors de cause, considérant qu’il n’avait « pas dépassé les limites de sa liberté d’expression », avait rappelé l’avocat du magistrat, François Saint-Pierre.
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