Sébastien Ruche Publié le 19 septembre 2025 à 15:12. / Modifié le 19 septembre 2025 à 21:11. 5 min. de lecture
BNP Paribas se retrouve à nouveau face à la justice pour avoir effectué des transactions pour le compte du Soudan dans les années 2000. Cette affaire lui a déjà valu de payer près de 9 milliards de dollars en 2014, lorsque le groupe bancaire français avait plaidé coupable d’avoir accepté des transactions en dollars pour des entités basées au Soudan, en Iran et à Cuba, ce qui violait les sanctions américaines en place à ce moment-là. Aujourd’hui, des réfugiés soudanais accusent la banque d’avoir aidé le gouvernement de l’ex-dictateur Omar el-Béchir à encaisser des revenus du pétrole qui lui ont permis de financer la féroce répression menée dans les années 1990 et 2000. Le procès s’est ouvert la semaine passée à New York.
Dans ce nouveau chapitre, la plus grande banque française est donc poursuivie pour avoir permis la violation de droits humains en fournissant des services financiers à un gouvernement. Cette thèse est soutenue par les trois réfugiés soudanais vivant aux Etats-Unis, qui mènent une procédure civile à la suite d’une plainte déposée en 2016. Le procès, instruit par le Tribunal du district sud de New York, pourrait ouvrir la porte à des dédommagements pour les 20 000 participants à cette action collective menée en parallèle. Une partie des 9 milliards payés par BNP Paribas en 2014 était allée à des victimes américaines du terrorisme, mais pas aux Soudanais qui ont souffert de la violence du gouvernement d’El-Béchir. Lire la suite.